lundi 25 février 2013

IB6586 & AF1901 - 25 février : t'es dans quelle galaxie man ?

J’imagine qu’on continue ainsi. 
Je ferme les yeux. Puis elle jouit. 
Deux ans de privations et un peu de doigté - tout autre dénouement aurait semblé coquasse. Félicité donc, et fin de partie.


Mais l’instant d’après, les yeux ouverts, la réalité est plus prosaïque. Elle dit d’abord non, non, non, comme on dit oui, souvent. Puis NON et NON, comme on dit non, ce me semble. Passé le doute et le douzième coup de nonisme, j’interromps mon ouvrage : whatn’t the fuck ? 
C’est que l’année s’applique à rester frustrante. Pour un peu il faudrait filer illico, le pantalon sur les chevilles, ce petit embryon de chien -Napoleon!- me coursant jusqu’à la porte en me mordant les boules ! 
Donc non. T’as compris. Tu remballes plus que tu n’avais sorti, savoures la blague et salues les quinze madones posées sur la tablette à côté du lit. Bande de vierges ! De dépit j’envoie mon téléphone, cet indispensable inutile, rejoindre le sombrero à Mexico, et disparais sans chercher à comprendre.


Alors la propension à disparaître serait un de ces machins inventés dès le départ, dès demain matin. Pour le moment chacun ignore sa définition et son usage. 
Tu sais, toi ? 
Tu parles, tu parles, mais tu sais pas. 
On parle on parle, on aboie, on rote, le contenu de la bouteille fait «pouf», puis un discret «...» : disparition. Tout part de là.
Ainsi bientôt, en fermant les yeux. Non ! Bientôt en gardant les yeux, on verra : plus rien ! Pas même la disparition ! Juste rien que du gris sur fond gris, avec un léger feulement, ou bien non, à peine un son vague et invarié, neutre et bientôt : rien. Le nul absolu.

J’y avais d’abord passé un orteil, puis un autre, dans cet espace gris à somme nulle. Puis rien. Étrange vide étrange. Rien que la planche, pis le vide. La peur, un frisson. Angoisse de la première journée de néant. 
Ensuite ce furent un pied, un bras, le tronc et, pour finir, le soi tout entier.
Le vide est magique. Le vide est décevant. Mais le vide est intègre.



C’est devenu une spécialité. Un but en moi. 
La planche, le mur, désormais tout alentour n’est que vide. Fil des pensées, registre des appels, rien ! Un téléphone ? Pas de téléphone. La peur seule doit être tombée dans cette affaire. J’avançais d’abord prudemment, mal assuré, mais c’est plutôt sympa, en fait. Doux comme ça. Je vous inviterais tous si je savais, si je pouvais. C’est là... juste à côté du monde, à côté de la vie. 

Mais alors c’était quoi ? 
Des vacances, la vacance, una 'estancia' : différentes
une semaine achevée à être, manger, boire, marcher, regarder 
une cité comme toute autre, un peu ratée pas mieux qu'une autre, un peu dangereuse, pas pire qu'une autre
un livre qui ne se laisse pas lire mais pas abandonner, non plus
une garce qui me résiste et je souffle, et elle résiste, je peine je souffle, je vaincrai le verbe vaincra, salaud de verbe, salope de garce
garces partout dans le pays où la femme doit être incarnée, féminité exubérante, seins comme des bombes dans les yeux des hommes, maquillage outrancier, corsage transparent, tout cela et l'absence de tout cela.


Tout cela va et vient. Et on continue : sans dire.
Plus un mot, que le suivant. Les mots comme les secondes se suivent et se suivront, ne révélant que le passage de la pensée. Il leur manque l'action, même si parfois, ça claque. Sinon rien que de très normal : ils naissent vivent et meurent, restent parfois et s'étiolent souvent. C'est pourquoi il va sans dire. 
Le sandirrisime sera notre nouvel étendant. Quelques pets tout au plus. Un grand silence. 
On laisserait les mots faire leur lit, les idées leur chemin, mais à coup d’œil et petits écarts formerions le réseau de canaux de la fraîche circulation. Les Hollandais s'y sont essayés avec plus ou moins de succès, amsterdamisant ou djakartisant le monde suivant le talent la chance et tous ces trucs qu'on a eu, qu'on a pour nous et que personne n'enlève par pudeur de découvrir le divin. 
Dans la fraîcheur lacustres de nos vies laisserons aller, partons à la dérive, ce ne sont plus les mots sinon leur profusion, la limite du plan infini et les cycles du soleil. Il n'y a rien d'autre, sinon tout le reste. 

Dors donc, rêve beaucoup.
C’est tout un monde de rêves !