mercredi 9 octobre 2019

TO83081 - 9 octobre : biclous

Esmeralda en question.
Toujours en question.
Question d'échappée, devoir de départ.

En mentant un peu et en buvant beaucoup, on peut réussir de fort jolis voyages. S'échapper du quotidien, oublier ses soucis. Qui n'en veut ? Acheter quelques souvenirs, même.
Pourquoi pas rédiger une carte à sa maman : meilleurs effet.
Le voyage : promesse si facile.
Famille comblée.


Moyennant quelques suppléments, l'excursion peut devenir vertueuse ou ethnique, voire écologique. Certains parviennent même à y déterrer un vestige d'activité sexuelle - nec plus ultra du package. Alors tu rentres comblé et vibrionnant de plaisir, avec un numéro en poche qui survivra à quelques échanges polis...

Loin de cet idéal je filais un jour puis revins. Empli de la même obsession.
Du fond de ce désert, même engoncé d'ivresse, je voyais encore tourner mille roues. Briller plein feu mon obsédant mirage. Toutes les dynamos du monde semblaient décharger dans le même synapses. Il n'y avait pas jusqu'aux rêves qui ne soient dénués de biclous.
Brièvement freinés au départ, les vélos reprirent leur folle course après quelques jours. Ceux qui ne polluaient pas ma vision résonnaient au moins d'un entêtant tintement. Au pinacle des songes, leurs cadres acier ou aluminium se faisaient tendres et tièdes...



Arrive ce moment.
L'esprit cristallise !
Pour certains c'est l’acmé, pur plaisir, sommet d'une montagne, ou tournant d'une partition. Mon épiphanie m'a renversé sans préavis; je continue depuis pleine gomme et roue libre. Des bicyclettes s'entassent dans la carte mémoire de mon téléphone, aux différents coins des rues et plein ma cave. Le trousseau que je trimbale devient si massif que je ne sais plus trop laquelle pourquoi, craignant juste qu'atteignant une masse critique il ne prenne vie autonome et parte sans ma poche.
Difficile alors de savoir si les rêve ont rempli cette cave, ou si c'est la cave bondée qui a fini par déborder mon imaginaire. Je pressens que des millions de neurones se sont spécialisés là-haut pour identifier la forme des clous et de leurs dérisoires accroches. La disqueuse me démange. Je la voudrais en main, tournant pleine balle ses 4000.

Je n'ai pas osé m'ouvrir de ce biais à mes compagnons.
Ils semblaient tous avoir d'autres chats, atteindre une saine et commune satiété par le sport. Les rejoignais chaque matin avec le déguisement pour quelques allers/retours sur le beau désert. Notre  beau terrain de jeu.   

jeudi 19 septembre 2019

AF641 - 19 septembre : what is the next step

Une recette. Une idée. Une cachette.
Partir ou rester, ce n'est plus vraiment la question. Il convient juste de bien disparaître.
Le premier tourbillon. Une quelconque montagne ? Ou un avion, bien sûr !

Tourbillon
En saisit-on jamais la genèse ? Le voyage est absent : d'abord car non-sujet du départ, ensuite bien tu par l'absence de récit. Inconnu de facteur deux, fil rompu dès avant la pelote.
D'où procède l'inconnu ? D'un fascicule d'agence de voyage, boulevard de l'Opéra, peut-être. Ou du recoin d'un songe. D'une réclame télévisée ? Il convient de ne pas chercher. Rien savoir.
A la prochaine insulte, avions-nous convenu : l'inconnu ! Tourbillon, montagne, avion.

Inconnu sans équation, sans diagramme, sans résultat, il m'est loisible de composer pour vous un récit à la demande. Y avait-il voitures rutilantes, ors, sexes offerts ? Il y avait, il y avait. Raison quelconque ? Idée sous-jacente ? Plein paniers, pardi. Moult !
Ou je l'aurais rêvé ? 


Montagne
Je revois, à l'envie, une ville très haute, entourée de collines et montagnes plus hautes encore. Les avions y tombent en piquet pour atteindre le bout de piste. Les autocars y meuglent à l'assaut de rues presque verticales. Là, tout un peuple de mollets tendus, muscles saillants, vit sagement dans les délires de l'altitude.

Ils vont sans cesse à l'attaque des flancs de la ville. Ne boivent qu'à peine, rendus déjà ivres par l'anoxie. Se bagarrent pour nul idéal. Sages, à toute sagesse accomplie.
Diront de moi que je fus bon touriste.
Témoigneront, si on insiste : il était bon, fit quelques images, commentaires flatteurs.

Les voyant si raisonnable, je les crus un peu demeurés. Pour ma part j'ai tenté l'assaut des monts alentours, oublieux de toute liste. Mais très vite fracassé sous un sommet inatteignable, suis redescendu, piteusement. Ai retenté une image. Un quelconque commentaire.


Avion
Puis animal est rentré.
Serait-ce un autre mensonge ? Où est animal ?
Animal consensuel, je prétends que je prétends.
Ai toujours prétendu. Évité la question. L'évitant, y suis retourné, toujours. Les mots ne vous font jamais cette atroce chatouille d'intrication ? Ne font-ils pas en leur cœur l'aveu du plus parfait vide ontologique ? Se révèlent comme tout homme, belle façade de carton, sourire constant ?
  
Non, animal n'est pas rentré. N'est bien sûr jamais vraiment parti, toujours autant absent que présent au monde.
Comme cet homme-carton : tout dépend si vous le rangez à plat, ou sur le flanc.

A ce jeux pas une photo, aucun récit qui subsiste.
Ne reste que l'exercice : partir, rentrer, aligner des mots enroulés sur eux-même. Bien secouer tout ça et laisser l'oubli y faire de petites galeries jolies jolies.
J'ai rêvé souvent à tous ces mots qui me rêveraient. Ou diraient le rêve. Tairaient toujours, c'est l'essentiel, l'inavouable cachette...